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Échange avec l'Atelier Kérével

01/12/2021 - Entre deux impressions

Pour commencer, pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Je tiens un atelier où je donne des cours de gravure entre autres, mais aussi des cours de peinture. En ce qui concerne la gravure, je pratique quasiment toutes les techniques possibles, classiques, c’est-à-dire l’eau forte, l’aquatinte, la pointe sèche, la manière noire, les techniques de vernis mou, la gravure au sucre… Toutes ces techniques de base, je les maîtrise bien. Et dans les techniques de gravure en taille d’épargne, le bois de fil et le bois de bout. Mais le bois de bout, c’est plus rare parce que les gens ne connaissent pas trop cette technique. Et j’enseigne aussi le burin, puisque je suis buriniste à la base.

Quelle est votre technique d’estampe de prédilection ?

J’aime beaucoup le bois, la technique des gravures sur bois, et les techniques d’eau forte combinées avec la pointe sèche et le burin.

Quels sont vos produits favoris ? Ceux que vous utilisez le plus fréquemment ?

Parmi les produits Joop Stoop, j’emploie beaucoup les papiers Moulin de Couzi parce qu’ils sont très corrects au niveau prix pour les tirages de tous les jours, et également les feuilles de papier de soie et la tarlatane.
Au niveau des encres, j’achète beaucoup la 81 de Charbonnel que j’utilise depuis des années. En couleurs, j’emploie les couleurs Joop Stoop entre autres.

J’ai dernièrement acheté une boîte à grain que j’utilise pour mes stages, pour mes élèves, mais aussi pour mon travail personnel.

J’utilise aussi des vernis Charbonnel, les vernis siccatifs que j’utilise pour l’aquatinte et puis différents produits de vernis à recouvrir pour la gravure. Concernant les vernis pour graver, je fais du vernis au tampon à l’ancienne, comme au XVIIe siècle donc je fabrique mes tampons et j’utilise le vernis en boule parce que ce sont des vernis beaucoup plus résistants qui permettent un travail beaucoup plus fin.

Pourquoi choisissez-vous les produits JS ?

D’abord, c’est un magasin que je connais depuis longtemps et puis pour moi c’est pratique parce que vous êtes directement en France. Vous livrez en 3 jours, et comme j’ai souvent besoin des produits rapidement, il y a beaucoup de commodités. Vous me connaissez bien maintenant donc quand j’ai besoin d’un produit en urgence, vous me l’envoyez. Il y a une confiance qui s’est établie dans la relation client-artiste.

Y a-t-il des produits JS que vous ne trouvez pas ailleurs ?

Ben déjà vos encres :)

Je ne vous cache pas qu’il y a beaucoup d’autres produits que l’on peut trouver ailleurs. Mais la facilité surtout pour moi, c’est que je vous connais bien. Il y a un contact client, c’est sympathique.

Et à l’inverse, selon vous, quel produit manque-t-il à la gamme JS ?

J’aimerais bien avoir plus de choix de rouleaux donc si votre gamme de rouleaux encreurs pouvait s’étoffer, ce serait intéressant. On aimerait bien avoir différents styles de rouleaux.
Par exemple, je voudrais me remettre au procédé Hayter qui nécessite un rouleau dur et un rouleau mou. Chez vous, on trouve des rouleaux de 28° shore mais j’aimerais bien retrouver des rouleaux durs de 60° shore aussi, des rouleaux un peu durs pour pouvoir jouer sur ce genre de procédés car ça, je ne sais pas où en trouver.

Aujourd’hui, vous arrive-t-il encore d’être surpris par la gravure ?

Oh oui, on découvre des choses tous les jours. On n’a jamais fini d’apprendre, même quand on maîtrise une technique, c’est ça l’intérêt. C’est qu’il y a toujours des découvertes et puis on peut toujours peaufiner la préparation de ses acides pour avoir des choses plus légères, c’est multiple, on n’a jamais fini. Moi je prépare des acides de base ou des mordants de base mais après, suivant la densité du grain ou suivant la préparation de la solution d’acide faible, moyen ou fort, on peut obtenir des gammes de nuances encore différentes, on n’a jamais fini.

Et en ce qui concerne le burin, il n’y a pas trop de secret parce que c’est une technique qu’on a ou qu’on n’a pas donc pour le bois ou le cuivre, c’est plutôt une recherche graphique au niveau de l’utilisation du burin. On peut s’étonner de nouvelles recherches que l’on peut faire sur la composition plutôt.

Vous donnez parfois des cours de gravure pour débutants. Faut-il tout de même avoir un minimum de connaissance du sujet pour y participer ?

Non, il ne faut pas forcément avoir des connaissances de base. J’ai dernièrement fait un stage de trois jours avec quatre débutants et on a sorti des choses vraiment pas mal alors que c’était des personnes qui n’avaient jamais fait de gravure.

Un petit conseil pour les débutants qui souhaitent se lancer ?

Le plus important, c’est de suivre des cours et d’éviter de se lancer seul sans conseil parce que le problème maintenant, c’est qu’il y a beaucoup d’artistes qui font de la gravure et qui font n’importe quoi et mal et qui, en plus, donnent des conseils aux autres.
Personnellement, j’ai été formé dans les années 80 par Jacques Frélaut à l’atelier Lacourière à Paris. Donc j’ai eu cette formation professionnelle, pour laquelle j’ai eu une bourse du gouvernement à l’époque et du coup, j’étais vraiment du métier. J’ai pratiqué la taille-douce et la gravure pendant 20 ans dans mon atelier à Marseille avant d’arrêter parce qu’il n’y avait plus de commandes de tirages. Ensuite j’ai dû re-cibler mon atelier en association pour le sauver, pour ne faire que de l’enseignement, et là en janvier je vais être déclaré formation professionnelle. Aujourd’hui, on est obligé de se déclarer en tant qu’association parce que l’époque où on vivait de tirages de gravure, c’est fini. L’atelier rame un peu, il n’y a plus les commandes qu’il y avait à l’époque pour les galeries, cette époque est terminée.